Hommage à Fernand Sebbah

 

Une carrière vouée au chapeau !

 

A trente ans, il tombe amoureux d'une ancienne chapellerie et décide d'y vendre sa ligne de prêt -à-porter. La demande de coiffures est toujours aussi forte.

Fernand Sebbah proposera donc une ligne complète de vêtements avec casquettes et chapeaux assortis. La passion est née. Elle ne le quittera plus. 

La boutique est trop étriquée pour le jeune homme, il devient consultant a Paris pour BORSALINO.

Pendant cinq ans il fréquentera les grandes chapelleries de la capitale, s'introduira dans de prestigieuses maisons de prêt-à-porter.

Les noms de CHARVET, SMALTO, CÉLINE, UNGARO, KENZO ou LANVIN, figurent en bonne place dans le carnet d'adresse de Fernand . Ses compétences sont désormais connues dans le monde de la chapellerie et le précède souvent.  

 

En 1988, LANVIN le sollicite et lui confie la direction de son département chapeaux  GÉLOT .
Dés lors son rêve se réalise; tirer les feutres et les pailles, le coupé-cousu, l’équilibre des volumes :

"C'est là que j'ai vraiment appris le métier. Nous faisions du sur mesure: des feutres, des pailles, des bicornes… C'était des chapeaux traditionnels et d'excellente facture . Comme dans toutes les maisons de haute couture il y avait un esprit maison. LANVIN c'est à la fois le sport , l'élégance et la qualité" disait-il.


En six ans, Fernand est devenu le champion du bord roulé, a coiffé les têtes les plus illustres du monde artistique et politique.
Il a servi Sa Majesté Hassan II, Roi du Maroc, réalisé deux chapeaux d’académicien, l’un pour le Commandant Cousteau, l’autre pour l’ancien premier ministre français, Monsieur Pierre Messmer. et a aussi coiffé  François Mitterrand.

 

Il a été l'un des premier à réintroduire les légendaires chapeaux "Panama" "fino" et "super fino", auxquels il voue un culte particulier.

 

Fort de ses résultats et de ses acquis professionnels, Fernand quitte Lanvin. Il veut donner une autre dimension à son savoir-faire et créer sa propre ligne, dépoussiérer les traditions sans leurs manquer de respect. Il ne proposera plus du "headwear" mais du "peakwear". C'est ainsi qu'il qualifiera ses collections, avec un grand clin d'oeil et beaucoup d'humour.

En effet, en anglais "peak" signifie "le pic d'un sommet" mais aussi "visière", comme celle d'une casquette.

 

En mars 1996, il s'installe à son compte à St Maur et crée son enseigne "DBM", qui veut dire "De Bon Matin". 

Il dessine, confectionne et crée sa propre ligne. Une ligne "mode, sport, jeune", à mille lieues des sempiternels feutres noirs et chapeaux de paille;

 "Certains pensent que le chapeau n'est plus à la mode, mais c'est faux. Les chapeliers doivent simplement proposer de nouvelles formes, travailler de nouvelles matières" estimait il.

C'est ainsi qu'il a égrené les milles et un modèles de son imagination: la casquette de base-ball remodelée, le serre tête en tissus à allure plastique, La chapka,  la casquette mollusque à l'étrange visière, le bonnet africain et le bob tendance… Il visite toutes les formes classique pour les transformer et leurs insuffler son style.

 

 Le talent et l'imagination aboutie s'expriment, le succès est au rendez vous. En quelques années , la marque s'impose auprès du public, il travail pour de grandes griffes de la haute couture et du prêt-à-porter. Ces créations sont vendues pour l'essentiel à l'exportation, en Europe, au Japon et aux Etats unis.

 

En décembre 2006, DBM chapelier est sacrée "Entreprise du Patrimoine Vivant", titre décerné par le ministre des Petites et  Moyennes Entreprises.

 

En octobre 2009, sous sa présidence , l'ACFC crée le premier Salon International du Chapeau: RENCONTRE AU SOMMET qui fut un grand succès et une très belle aventure.

 

Ce salon était son idée et le projet fondateur de notre association. Nous sommes fiers de continuer l'élan qu'il nous à donné et avec les futurs "Rencontres au Sommet", faire vivre sa mémoire.